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© Arnaud Jarsaillon

LIONEL MALRIC : « Solo pour 227 cordes »

GCC 2010

 

Lionel Malric : piano préparé

 

« Le Solo pour 227 cordes m’attire car il a un parfum d’enfance (…) tout simplement inconcevable mais d’une magie fascinante… »

Christelle Raffaëlli, Les allumés du jazz n°26

 

« Seul, aux prises avec les 227 cordes d’un piano plus que centenaire, il prolonge avec la rigueur d’un chercheur surréaliste l’œuvre de John Cage (et suivants) inventeurs explorateurs du piano dit « préparé ». À la différence d’agités épris d’aléatoire qui fourrent tout et n’importe quoi dans leur piano, Lionel Malric agit avec ordre et minutie : une place pour chaque bidule et chaque bidule à sa place sur le terrain de jeux de la table d’harmonie. Ce disque est le témoignage d’une création poétique vécue avec une grande sincérité et beaucoup de sensibilité. D’un moment à l’autre, les plages prennent des couleurs et des textures variées. Il s’agit d’une trace d’artiste et, à ce titre, cette œuvre est tout à fait respectable avec les imperfections qui lui confèrent son authenticité. »

Linas Jazz

 

« Cette suite de 10 pièces entièrement acoustiques explore une vaste étendue des potentialités du piano notamment grâce à une virtuose et ingénieuse préparation de l’instrument. Ainsi, le piano peut se faire tour à tour gamelan sauvagement percussif (réminiscence des Balinaises Chahutations) ou bourdon primitif proche de la vielle à roue, aussi bien que mélodieusement romantique et aéré. Mais chaque pièce ne se consacre pas à un mode de jeu particulier, ils se mélangent sans cesse, s’imbriquent et s’opposent selon une structure équilibrée savante. Ainsi, une mélodie écrite verticalement peut se juxtaposer à la linéarité d’une nappe bruitiste, des figures rythmiques étrangères se marient tant bien que mal, un riff binaire et tonal surgit d’une exploration sonore atonale et arythmique, le frottement métallique d’une corde laisse place à un jeu percussif qui attaque le cadre du piano, ou à un espace éthéré fait de longues résonances où chaque harmonique peut librement et gracieusement s’envoler. Que l’écriture et les structures soient groovy, aventureuses et exploratrices, ou dadaïstes par les nombreux collages et les multiples ruptures, Lionel Malric fait constamment preuve d’un talent compositionnel au moins égal à sa virtuosité d’instrumentiste et à son ingéniosité dans la préparation et l’utilisation du piano. Il y a un très bon équilibre dans la diversité des territoires et des univers exploités comme dans le mariage des multiples modes de jeu et d’écriture savamment agencés. Ce Solo pour 227 cordes forme comme une sorte de road-movie qui nous promène à travers les immenses plaines du piano, à travers ses possibilités sonores et ses potentialités fonctionnelles. Un voyage sensible et intense qui passe par les contrées escarpées de la polyrythmie, les sentiers battus, émouvants et sensibles des mélodies, et les paysages arides de l’exploration texturale du son. Laissez vous emporter par ce collage riche de matières et de formes structurelles hétéroclites, aussi libre et aventureux que pouvait l’être dada. Un disque intense, généreux et chaleureux comme savent généralement l’être les membres du Grand Chahut. Recommandé ! »

Julien Heraud – Improv Sphere

 

« … Multi-instrumentiste (accordéon, trombone, percussions, Fender Rhodes…) c’est sur son instrument de prédilection, le piano, qu’il se lance dans un premier album, enregistré live sur son Erard de 1908, vénérable instrument qui le suit partout. Solo pour 227 cordes l’utilise dans toutes les ressources, voire au-delà. Ici, le mot « préparé » ne suffit plus… Lionel Malric invente de nouvelles sonorités, de nouvelles manières d’altérer le système complexe de son piano. Lui-même préfère d’ailleurs le terme de « réformé » pour cerner son imagination débordante : il utilise aussi bien le maillet de vibraphone que le verre à pied ; quoi qu’il en soit, on aura peine à définir vraiment cet environnement sonore, qui oscille entre abstraction minimaliste (« Un cercueil pour une harpe ») et groove cabossé (« Au milieu de l’intérieur »).Le documentaire vidéo inclus (également disponible sur Dailymotion) nous informe avec acuité sur cette démarche aussi musicale que visuelle en montrant le travail quasi charnel de Malric au cœur même de l’instrument et les bricolages incessants auxquels il se livre sur le fil de l’improvisation, sans jamais tomber dans l’exercice de style. Solo pour 227 cordes peut çà et là être déroutant. Mais tel est le but recherché par ce créateur qui, en dix morceaux, imagine autant de mondes parallèles, autant d’histoires oniriques peuplées de sonorités inouïes – au meilleur sens du terme. »

Franpi Barriaux, Citizen Jazz

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